1. We Need A New Utopia [24:45]
  2. Fearless [11:05]
  3. Born From Chaos [10:55]
  4. Land Of Hope [6:42]
  5. Utopia [8:39]
On this stunning production the following guest musicians play.

Drums Burghard Rausch (tracks 1,3,4,5)

Violin TThomthom Geigenschrey (tracks 1,3,4)

Guitar Thorsten Quaeschning (tracks 1,4)

Lead vocals Vana Verouti (track 5)

An epic musical voyage for a dream of the new Utopia. Das eigentlich recht unscheinbar daherkommende Album Utopia von Bernd Kistenmacher, dessen Cover mit schlichter, farbenfroher Schönheit punktet, birgt ein doch episches Werk unter der Plastikhaube. Melodisch anspruchsvolle Klangbögen bieten ein teils cineastisches Hörerlebnis mit so einigen Referenzen an die Stilelemente der goldenen EM Zeiten. Die einzelnen Stücke erscheinen jedoch nicht altbacken, sondern wie eine konsequente Erneuerung des Heimatgefühls in den Gefilden der traditionellen elektronischen Musik. Unterstützung bei dieser Runderneuerung des guten Klangs erhält Bernd dabei von Burghard Rausch (Drums), Thomthom Gegenschrey (Violine), Thorsten Quaeschning (Gitarre), und Vana Verouti (Gesang).

Alles beginnt mit dem fast 25-Minüter We Need a New Utopia. Zunächst etwas dunkel im Ansatz, ziehen bald eine eingängige Bass-Sequenz und Rhythmen ein, die die Grundlage für sich langsam in Spielwut steigernde Melodiemotive harmonischer aber auch kratziger Art. Insbesondere die Violine leitet den Hörer dabei in eine Trance-ähnliche Stimmung, die einen erst kurz vor Schluss des Tracks durch ein Hinabgleiten in sanftere Ebenen entlässt. Auch das zweite Stück, Fearless, ist von eher düsterer Stimmung. Drone-artige Flächen durchziehen die akustische Welt, die sich als eine nächtliche Reise durch eine unheimliche Geisterstadt oder eine Lavawüste beschreiben lässt. Kopfkinomusik vom Feinsten.

Mit Born From Chaos spannt das Album nun einen Bogen zum Instrumental rock, teilweise gar psychedelisch anmutend durch rauhe Synthie-Klänge und recht wildem Rhythmus. Hier spielen sich die Künstler emotional in das Stück hinein und verlieren sich nahezu, bis es zum Ende hin lang ausklingt. Bei mir werden hier Erinnerungen an so manches Stück der Gruppe Sky wach. Auch bei Land Of Hope geht es mit einer wilden Violine los, doch dann bricht das Stakkato ab und der Track entpuppt sich als anmutige, sanft-rockige Ballade mit Piano und ist sehr melodiebetont. Eine Hommage an die Hoffnung.

Das finale und Titelstück Utopia bindet schließlich auch Pop als Stilmittel ein. Mit dem Gesang von Vana Verouti erhält der Track eine ganz spezielle Note und könnte locker mit so manchem Radiohit mithalten, Vana hat hier einen sehr hohen Wiedererkennungswert. Vom Klang her ist es aber eindeutig ein Kistenmacher-Track und erinnert an die letzten beiden Alben des Künstlers. Utopia ist der krönende Abschluss eines stilistischen Rundumschlags, ein Album, das seine Wurzeln in der 80er Jahre Elektronikmusik nicht verschweigt, und dabei viele alte und neue Elemente gekonnt vereint.

2014. Stefan Schulz La Berlin School a sa nouvelle Utopie.

J’ai pris cet album en pleine poire. Et avant tout le premier titre fleuve We need a new Utopia. A ma première écoute (dans de mauvaises conditions) j’ai cru qu’il y avait un sample de Body Love tellement ça m’évoque cette magnifique pièce qui est peut-être ma préférée de l’oncle Klaus, avec sa batterie envoutante, ses subtiles superpositions de nappes et de mélodies.

C’est littéralement fantastique d’entendre quelque chose de si créatif, de si inspiré tout en étant fidèle à un genre dont les grandes heures sont maintenant lointaines (la première séquence de basse (mon dieu !) qui s’éteint discrètement derrière le rythme binaire à la Schulze me fait terriblement penser à la terrible ligne de RubyconTangerine Dream).

Après des albums plutôt "symphoniques" et harmonieux, Bernd Kistenmacher revient et transfigure ce qu’il avait laissé apercevoir dans le frénétique Let it out. Le fait qu’il se soit très bien entouré ajoute une ampleur remarquable et bienvenue à sa musique. Une batterie jouée par un humain pour mouler une musique électronique séquencée (ô ironie) a quelque chose d’hallucinatoire, qu’on ressent aussi dans les morceaux où Klaus Schulze joue lui-même les percussions. Le violon et la guitare déchirés donnent une ampleur nouvelle aux parties de solos, où les synthétiseurs ne sont pas en reste.

Le reste de l’album (car il faut aussi en parler) est tout aussi remarquable (comme pour le One of these days de Pink Floyd à côté d’Echoes) : Fearless (huhu) est un morceau arythmique et atonal , une vieille soupe totalement remise à jour, qu’on pourrait croire sortie des années Krautrock et des débuts de Tangerine Dream lorsqu’ils pataugeaient sans séquenceurs (je pense à Alpha Centauri). Gonflé. Born from chaos : un rythme de tambours effrénés sur lequel Bernd fait hurler le Moog dans tous les sens. Du ELP avec une âme. Land of Hope : gimmick de piano addictif et guitare enlevée. Superbe performance de "Q". Utopia enfin, et allons-y carrément pour la chanson. La voie envoutante de Vana Verouti honore superbement cette mélodie digne de Vangelis pour terminer sur une note apaisée et optimiste ce qui pour moi est la plus belle surprise de l’année.

2014. Wordpress.com Que savez-vous de la Berlin school en dehors du fait qu'il s'agit d'une école allemande, ce qui prouve à la fois votre culture sur les capitales européennes et votre don pour les langues ? La Berlin school est le nom donné à un ensemble de musiciens, en majorité allemands, qui au début des années 1970 initièrent un nouveau mouvement musical dérivé du Krautrock dans lequel les synthétiseurs occupent un rôle central avec de longs développements hypnotiques. Les chefs de file s'appellent Tangerine Dream, Ash Ra Temple et surtout Klaus Schulze. Bien moins connu, Bernd Kistenmacher, dont le patronyme le situe déjà sans équivoque dans le bon pays, est pourtant un digne représentant de cette école où il ne peut passer pour un débutant. En effet, son premier disque, "Dancing Sequences", est sorti il y a trente ans et a été suivi depuis par une vingtaine d'albums dont "Utopia" est le dernier rejeton.

Et quel rejeton ! N'hésitons pas à dire tout de go qu''Utopia' se situe au même niveau que les meilleurs albums de Klaus Schulze et qu'un blind test permettrait difficilement de ne pas attribuer au maestro cet opus sans défaut. Le premier titre, 'We Need A New Utopia', est un long epic de près de 25 minutes bien dans le style de ce dernier. Orientalisante pendant les six premières minutes, la musique déroule par la suite au rythme linéaire des séquenceurs une mélodie qui enfle et décroit en gracieuses arabesques, des cascades de notes de violon et de guitare grinçantes rebondissant sur des murs de percussions et des nappes de synthétiseurs.

Les deux titres suivants, d'une longueur à peu près égale, soufflent le chaud et le froid. Le froid d'abord avec 'Fearless' dont les notes étirées, diffuses, semblent errer telles des âmes fantomatiques au sein d'une brume irréelle. Faut-il encore parler de musique ici, ou bien plutôt de couleurs sonores ? A l'opposé, le bien nommé 'Born From Chaos' submerge l'auditeur sous une vague déferlante de synthétiseurs psychédéliques et de percussions martelées par Burghard Rausch, batteur d'Agitation Free, autre groupe allemand des années 70. 'Land Of Hope', après une courte introduction de guitare hendrixienne, entame un lent crescendo qui conduit d'une délicate ritournelle au piano à un final guitare/batterie plein de punch en passant par une mélodie décontractée façon Ennio Morricone. L'album se conclut par le titre éponyme, seul titre chanté par la voix grave de Vana Verouti, une artiste grecque qui s'était déjà illustrée sur "Heaven and Hell" de Vangelis. Suivant une trame linéaire d'un bout à l'autre, il clôt l'album par une note apaisante et sereine, presque new age.

Grâce à des ambiances diversifiées et une qualité dans l'écriture qui ne se dément jamais, Bernd Kistenmacher réussit à captiver l'attention d'un bout à l'autre. Après tant d'années passées dans l'ombre de son talentueux compatriote, il nous donne l'opportunité avec "Utopia" de réparer ce qui ressemble fort à une injustice.

2014. Autre label OK! Here we pass downright at another level of creativity. I don't know what Bernd Kistenmacher has ate since his comeback in 2009 (Celestial Movements) but it's clear that the inspiration, which equal his talent, goes out from him by ears. His last find is a brilliant album which recuts the fury of Let it Out, the ambiospherical phases of his vintages years as well as the philharmonic approaches splendidly concocted since exactly Celestial Movements. It results from it in a fascinating, extremely powerful album where the chaos and the harmony divide the 62 minutes with an outstanding intensity.

A distant humming brings "We Need a New Utopia" up to our ears. This intro, which is similar to an orchestra tuning its violins, establishes the basics of a captivating sonic intensity where roar the rages of the violin and guitar. We perceive the skeleton of a rhythm a little before the 4th minute when a line of bass sequences makes pulse its keys which skip quite simply in a minimalist pattern. These keys wave into an ascendant and a descendant pattern on an invisible line, bum ping softly beneath the whimperings of a violin and the tears of a piano which unite their distresses in the embryo of a rhythm which grabs the elytrons of steel from some sober cymbals in order to keep its imposing funeral presence. There are many ambiences around this intro. It's as to see a suspense movie where we guess a next outcome. But the rhythm continues rather to limp. It goes up and down on its absent margin while that quietly another rhythmic pattern wraps it of a somber wave-like rhythm. An d we dive. We plunge into these perfumes of the old analog hymns of the Berlin School where Bernd Kistenmacher and Burghard Rausch (Agitation Free) on drum embrace the morphic rhythm structures of Body Love from the tandem of Klaus Schulze and Harald Grosskopf. Outstanding! The rhythm is magnetizing and all the sonic elements which surround it create a delicious music wall which melts in our ears. We hear the guitar of Thorsten Quaeschning bite discreetly the ear while the violin of Thomthom Geigenschrey, very violent, tears the eardrums with strident solos. The rhythm is slow, almost ambient. The synth hangs on it some long twisted sighs, which remind me indefatigably the old structures of our friend Bernd. These sighs, as well as some dense foggy from the Mellotron, are melting into a hallucinating sonic ornament of which the skillful meshing of instruments rumbles on a structure which always waves of its floating rhythm. The guitar joins the fury of the violin with wild riffs and twisted solos while Kistenmacher wraps this sonic turbulence of a fascinating serenity. And "We Need a New Utopia" to continue on this surprising momentum where the blackness and the luminosity, the spite and the serenity cohabit and quarrel in an attractive symphony as much celestial as utopian. It's a little as if the sun would continue to shine above dense clouds of a nuclear apocalypse. Intense and wonderful! This is the best track in the style of Berlin School to have landed in my ears this year.

"Fearless" brings us into somber ambiospherical phases with a hyper-relaxing musical texture, even with these crystals which shout in the resonances of the astral gongs throughout its celestial sublimations. "Born from Chaos" pursues this phase of contemplative turbulences with a somber intro which amasses the mislaid sighs of "Fearless", while remembering of these heart-rending apocalyptic atmospheres from "We Need a New Utopia". Then the drum comes to knock down the order of things with stormy rollings which serve as canvas to a furious static rhythm constantly nibbled, ripped and crushed by atmospheres of insanities where the sonic cacophony of "We Need a New Utopia" is multiplied by three. Wow! Let's say that it rinses the hollow of the ear. The riffs of Thorsten Quaeschning bites the oblivion, I hear a bit of Hendrix here, and tumble in gusts. We think of an expansion of "Born from Chaos", but no. A softly very nostalgic piano spreads the philharmonic poetry of "Land of Hope". It is so much beautiful. Oh that is superbly beautiful. It is as much as On the Shoulders of ATLAS and/or Eternal Lights. Except that the pensive piano accepts gladly the sober percussions and the soft arrangements, shaping a delicate structure of slow rhythmic ride which gallops with melancholy on the plains of the hope. As I said; this is gorgeous. And this synth which blows these singings of glass and these arrangements which embroider a painting of despair is absolutely striking. I don't what is happening in the world of EM but recently a lot of artists lend their strange and delicate harmonies to some feminine voices. If the results are sometimes tepid, there is on the other hand a beautiful complicity here and there. Like here. I know that some of you will say that it's Kistenmacher that I'm talking about and that I'm beforehand already won. It's not completely true, because the first listening left me a little bit tepid. Needs to say that the voice of Vana Verouti (remember Vangelis' Heaven and Hell? It's her) is everything, except usual. She possesses a strange nasal stamp which, second after second, does its effect and fits marvellously with the very symphonic approach of the title-track. "Utopia" has a slow rhythm. It's a beautiful French-style ballad with a balladish tempo, a little slower than on "Land of Hope", but with the same dissensions between the drama and the romance and where the voice of Vana Verouti is everything but commonplace. It's so very beautiful. It's to the greatness of “Utopia” among which the balance between the chaos and the harmonies, the anger and the sweetness, the rock and the classic, makes of it the strongest album of 2013, all styles merged. And by the way, stop looking for Vangelis anymore. He is hiding in the studios of Bernd Kistenmacher.

2013. Sylvain Lupari / gutsofdarkness.com & synthsequences.blogspot.ca